Addiction aux benzodiazépines

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La famille des benzodiazépines (dont fait partie le zopiclone par exemple) contient des médicaments qui peuvent entraîner une forte dépendance dont il est difficile de se sevrer. C’est pourtant un traitement encore souvent prescrit par les médecins pour soigner l’insomnie.

Des chiffres impressionnants

Utilisées pour traiter les troubles de l’insomnie (qu’elle soit dite aiguë ou transitoire) ainsi que les troubles anxieux, les molécules de benzodiazépine peuvent présenter un réel danger. Il est nécessaire de rester sur une durée de traitement relativement courte afin de limiter les risques d’addiction. Or, il arrive que certains patients en prennent pendant plusieurs années et il est donc d’autant plus difficile de décrocher. Pour pallier à cela, les prescriptions de ces médicaments ne doivent pas dépasser 3 mois pour les troubles anxieux et 28 jours pour l’insomnie. Mais les ordonnances peuvent être renouvelées par le médecin s’il estime que cela est nécessaire. Malgré cette restriction, l’utilisation des benzoidazépines est plutôt importante en France. En 2015, ce sont pas moins de 16 millions de boites de Zopiclone qui ont été vendues. Au total, on compte 46,1 millions de boites de benzodiazépine consommées à but hypnotique. Et même si ce chiffre est en légère baisse ces dernières années, la consommation de ces molécules se fait de façon régulière pour une bonne partie de la population. On estime que la part de personnes qui en consomme au moins une fois dans l’année représente 13% de la population française. La consommation est plus élevée chez les femmes que chez les hommes (16,6% contre 9,7%) et augmente avec l’âge : un tiers des femmes de plus de 65 ans consomme une benzodiazépine anxiolytique et 18% une benzodiazépine hypnotique. Ce chiffre monte même à 38% pour les femmes de plus de 80 ans.

 

Un encadrement strict

Depuis 2017, l’agence nationale de la santé et du médicament (ANSM) met en garde contre les utilisations prolongées du Zopidem (stilnox) et son usage détourné à but récréatif. Cette molécule similaire au Zopiclone nécessite d’ailleurs désormais une prescription sécurisée au même titre que la morphine ou la méthadone par ex. Ces restrictions sont de plus en plus nécessaires pour encadrer la prise de ces molécules et tenter de diminuer le nombre de consommateurs. L’encadrement très strict du clonazépam (Rivotril) par exemple a permis la diminution de sa consommation de 84% entre 2010 et 2015 en limitant la prescription aux neurologues et aux pédiatres.

 

Une prise de conscience

Il semblerait que le problème principal provienne du fait que la société admet de prendre des médicaments pour pouvoir dormir et que l’insomnie semble être devenue le mal du siècle. Selon l’Inserm, 15 à 20% des français souffriraient d’insomnies (dont la moitié sous une forme sévère). Toute le monde peut donc devenir accro aux drogues. Les risques liés à la prise de ces somnifères ne sont pas du tout pris en compte et leur recours est extrêmement fréquent, au risque d’être banalisé. C’est un peu la solution de facilité : on ne recherche pas la cause de ces insomnies et on prescrit directement des médicaments (même si on connaît le risque de dépendance). Ce sont d’ailleurs les généralistes qui prescrivent le plus (environ 90% des benzodiazépines) et renouvellent les ordonnances avec une grande facilité, sans forcément réévaluer le traitement ni se rendre compte de sa durée totale. On arrive donc facilement à voir des gens prendre ce genre de médicaments pendant des années. Or, il conviendrait de creuser un peu plus les causes des insomnies ; On sait maintenant que plusieurs facteurs entrent en compte : les troubles de l’hygiène du sommeil, les mauvaises habitudes qui chamboulent le cycle du sommeil, l’anxiété, la dépression ou encore des douleurs. Une fois la cause établie, le traitement indiqué n’est pas un benzodiazépine dans la majorité des cas. On pourrait donc aisément se passer de ce genre de traitement. Ceci passerait donc par une prise en charge spécifique de l’insomnie que ce soit par le médecin traitant ou par des médecins spécialistes du sommeil.

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Et vous, où en êtes-vous ?

Si vous avez des doutes concernant votre dépendance aux benzodiazépines, rendez-vous sur ce questionnaire en ligne et répondez aux questions concernant certaines idées que vous pouvez avoir sur les médicaments tranquillisants et/ou somnifères que vous prenez. Vous saurez immédiatement quel est votre degré d’attachement aux benzodiazépines.

 

 

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