La trichotillomanie ou la chasse aux poils !

La trichotillomanie est une addiction très étrange car elle est liée aux poils. Assez courante et difficile à expliquer, la trichotillomanie est un trouble du comportement qui consiste à s’arracher les cheveux, sourcils, poils de barbe ou poils pubiens sans raisons. Obsession Addict vous en dit plus.

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Certaines personnes, atteintes de trichophagie, s’arrachent également les poils dans le but de les manger, ce qui finit par provoquer une calvitie partielle ou totale. Cela peut engendrer des problèmes de santé qu’il faut parfois traiter par une opération, en plus d’un suivi thérapeutique. Les fans de poils vont être choqués !

Une origine génétique

La présence d’une anomalie sur un gène vient d’être découverte chez des personnes atteintes de trichotillomanie, un trouble psychologique qui conduit à s’arracher régulièrement les cheveux ou les cils. Ce trouble obsessionnel compulsif, dont la cause restait inconnue, a donc une origine génétique.

Des chercheurs ont identifié une mutation sur un gène chez des sujets atteints de trichotillomanie. Ce même gène a déjà été impliqué dans le syndrome de Gilles de la Tourette, une affection neurologique appartenant aussi à la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs (tics verbaux, sonores et moteurs). C’est ce qui a d’ailleurs orienté les recherches sur ce gène.

Elle se manifeste le plus souvent chez l’enfant et l’adolescent (environ 6%), particulièrement en période de stress. Il s’agit alors d’un simple tic. Mais cette maladie d’origine psychologique peut perdurer à l’âge adulte. Et plus l’affection est intense, plus les peurs aussi. Certains peuvent mettre être terrifiés à l’idée d’être chauve, augmentant leur stress et de ce fait, leur toc. Il peut également générer des problèmes de santé comme l’alopécie partielle ou complète ; des conséquences somatiques liées à l’indigestion des cheveux. Ces derniers peuvent former dans l’estomac un « trichobézoard » (accumulation d’un ‘ballon’ de cheveux). Et il existe même des cas d’ « iléu » c’est-à-dire une occlusion intestinale (ce qui est heureusement extrêmement rare).

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Si ce trouble se manifeste le plus souvent seul, il est parfois accompagné d’autres troubles obsessionnels compulsifs, de dépression, de déficit de l’attention, de troubles alimentaires, etc. Il faut donc être attentifs à plusieurs facteurs.

 

Trichotillomanie : les signes qui alertent

Suivant les critères retenus par le DSM-5, le diagnostic de « trichotillomanie » peut être posé (par le médecin) lorsque l’on retrouve les signes suivants :

  • Besoin irrésistible de s’arracher les cheveux aboutissant à une alopécie manifeste.
  • Essais infructueux pour contrôler ou arrêter ce besoin de s’arracher les cheveux.
  • « L’arrachage de cheveux » provoque une souffrance significative ou disfonctionnement au niveau social, professionnel ou dans d’autres domaines de la vie importants.
  • « L’arrachage des cheveux » ne peut pas être expliqué par une autre affection somatique (comme une maladie dermatologique).
  • « L’arrachage des cheveux » ne peut pas être expliqué par une autre affection psychiatrique (par exemple la dysmorphophobie).

 

Comment traiter la trichotillomanie ?

Ce trouble du comportement se traitait autrefois avec des sédatifs et des anxiolytiques, dont l’efficacité dans la durée était limitée. Heureusement, la médecine s’améliore chaque jour et il existe aujourd’hui un traitement de référence : la thérapie cognitive et comportementale (TTC). Celle-ci consiste via une approche toujours personnalisée à modifier progressivement les comportements et les réflexes.

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Cette thérapie a prouvé plus d’une fois son efficacité à courts et longs termes. En gros, sur une base d’exercices concrets, on apprend à se défaire de ses « mauvaises » habitudes en les remplaçant par d’autres.

Malgré tout, ce trouble reste difficile à traiter. C’est pourquoi dans certains cas, des médicaments psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques, neuroleptiques…) sont encore prescrits mais en complément de la TTC.

Si cette obsession paraît un peu folle, qu’en est-il de la syllogomanie, accumulateur compulsif, ou encore la trypophobie, qui fait que la vue d’un trou vous insupporte ?

 

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