Le cannabis peut engendrer un retard dans le développement du cerveau

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Une étude relayée par le Daily Mail met le doigt sur les effets désastreux de la consommation de cannabis, particulièrement que le cerveau humain. De fait, on note un retard scolaire pour les consommateurs réguliers, qui peut aller jusqu’à 3 années à la fin de leurs études.

Jusqu’à 3 ans de retard pour les consommateurs réguliers de cannabis

Cette étude porte donc sur le développement cérébral et montre que celui-ci est clairement affecté en cas de consommation régulière de cannabis. Tout ceci est lié à la production de neurones. En effet, même si le cerveau humain continue d’en produire de nouveaux à l’âge adulte, cela ne suffira pas à rattraper le retard pris à l’adolescence. Sur 4000 élèves de collège et lycée au Canada suivi pendant plusieurs années dans le cadre de cette étude, les résultats sont pour le moins alarmants. La conclusion des chercheurs va même jusqu’à estimer que la consommation de cannabis est plus dangereuse que celle d’alcool chez les jeunes. Ce sont les capacités de raisonnement de base qui sont affectées par le cannabis, empêchant les consommateurs de se concentrer suffisamment sur leurs cours. Comment le cannabis agit-il de façon à modifier ainsi la concentration de ces adolescents ? En répondant à des questionnaires durant les 4 ans de la durée de l’étude, les consommateurs de cannabis (volontaires) ont ainsi pu éclairer les chercheurs sur le fonctionnement de cette drogue. Trois éléments importants ont ainsi été mesurés : la capacité de raisonnement, la mémoire à court terme ainsi que la maîtrise de soi. Les tests informatisés auxquels ils ont été soumis ont permis de mettre en avant le retard pris par les fumeurs réguliers.

 

Des résultats scolaires moins bons

« Les consommateurs de cannabis ont tendance à moins s’appliquer en classe que les non-consommateurs. Les élèves adeptes du cannabis voient clairement leurs résultats scolaires se détériorer au fur et à mesure que leur consommation augmente. Nous nous attendions vraiment à ce que l’alcool ait un effet plus puissant sur la détérioration du cerveau, que le cannabis, mais cela n’est pas le cas. Pour ce qui est du neuro-développement, il semble que le cannabis soit une drogue extrêmement risquée pour les jeunes », explique Patricia Conrod, psychiatre à l’université.

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Ceci est d’autant plus inquiétant que selon l’Observatoire Français des drogues et des toxicomanies, le cannabis est la première substance illicite consommée par les adolescents en France. Cette consommation, plutôt marginale en classe de sixième (1,5%) s’intensifie pour atteindre près d’un quart des élèves de troisième. Considérant que le cerveau de jeunes de cet âge est encore en développement, on constate l’influence sur les effets neuropsychiques chez les consommateurs.

 

Plus on consomme du cannabis jeune, plus les effets sont visibles

Une autre étude publiée dans la revue Development and Psychopathology révèle que plus les adolescents tardent à consommer de la marijuana, mieux leur cerveau se porte. Concrètement, chez les jeunes qui ont commencé à fumer du cannabis dès l’âge de 14 ans, les résultats scolaires sont moins bons. Certains tests cognitifs passés à l’âge de 20 ans sont plus mauvais et ils sont plus nombreux à avoir abandonné leurs études que les non consommateurs.

“Ces résultats indiquent que, en plus de l’échec scolaire, les habiletés fondamentales nécessaires à la résolution de problèmes et à l’adaptation à la vie quotidienne peuvent être altérées”, expliquent les chercheurs. Cette étude met en évidence la présence de lésions cérébrales qui expliqueraient les problèmes relevés au niveau de leurs aptitudes cognitives (celles qui sont liées aux régions frontales du cerveau, en particulier l’apprentissage par essais et erreurs.

Ces mêmes tests passés à des fumeurs qui ont commencé à l’âge de 17 ans montrent quant à eux la disparition de ces lésions. “Les adolescents qui ont commencé à consommer du cannabis à l’âge de 17 ans ou plus tard ont obtenu les mêmes résultats que ceux qui n’avaient pas fumé de cannabis”, précise l’auteure principale de l’étude, Natalie Castellanos Ryan.

C’est en examinant le cas de 294 adolescents faisant partie d’une cohorte composée de 1037 garçons issus des quartiers les plus défavorisés de Montréal et en faisant des tests cognitifs à 13, 14 et 20 ans que cette trouvaille a été possible. Si près de la moitié des sondés ont déclaré avoir fumé du cannabis pendant la durée de l’étude, les chercheurs ont constaté que ceux qui avait commencé tôt présentaient déjà une mauvaise mémoire à court terme et une mauvaise mémoire de travail. En revanche, ils possédaient de bonnes aptitudes verbales et un bon vocabulaire.

 

Les consommateurs de cannabis sont moins diplômés et en abandon scolaire

En arrivant à la fin de m’étude, les chercheurs se sont rendus compte que le fait de fumer du cannabis à l’adolescence engendrait des difficultés tardives en matière d’aptitude verbales et cognitives. “Les adolescents qui consomment du cannabis sont moins susceptibles d’obtenir un diplôme, ce qui peut influer sur les occasions de développement de leur intelligence verbale”, remarque Natalie Castellanos Ryan. Aussi, ces aptitudes ont tendance à décliner plus rapidement chez les consommateurs qui ont commencé tôt. Ceci peut également s’expliquer par le fait que beaucoup de ces jeunes consommateurs avaient abandonné leurs études plus tôt. On comprend donc avec cette étude que les effets du cannabis sur l’intelligence verbale ne sont pas uniquement dûs aux effets neurotoxiques du produit sur le cerveau mais également à un possible mécanisme social.

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