Syndrome de Gilles de la Tourette, symptômes et prise en charge

Tout le monde en a entendu parler. Une drôle de maladie, avec force de grimaces, gestes incontrôlés ou insultes jetées à la figure des autres comme des litanies. Elle a même fait l’objet d’une pièce de théâtre, il y a quelques années. Elle a un nom, le syndrome de Gilles de la Tourette, le nom de celui qui l’a décrite, le neurologue français Georges Gilles de la Tourette à la fin du dix-neuvième siècle.

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Si elle reste relativement marginale, environ 45.000 enfants en sont touchés en France à ce jour, de pronostic favorable, son étiologie (la cause d’une maladie) demeure encore mystérieuse. Pour celles et ceux qui en sont touchés, ce syndrome est suffisamment invalidant pour qu’il fasse l’objet d’une approche thérapeutique et une prise en charge systématique par la communauté des soignants des pathologies psychiques ou neurologiques.

 

Le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT), ses manifestations

Les premières manifestations apparaissent à l’enfance, généralement à partir de l’âge de 5 ans et concernent de 0,3 à 0,8 % des enfants en âge scolaire, avec une prévalence de 75% de garçons. Les parents, mais aussi les enseignants remarquent des troubles du comportement, hyperactivité, inattention manifeste en classe, absence de coordination gestuelle, intolérance aux frustrations et aux contrariétés, difficultés d’apprentissage.

Mais ce qui fait souvent poser le diagnostic, c’est l’apparition des premiers TOC ( troubles obsessionnels compulsifs) ou des TIC (mouvements incontrôlables compulsifs). C’est ce qui appelle les parents à une consultation médicale. Ce sont des manifestations physiques :

  • des bruits de la bouche, du nez, des mains associés à des gestes saccadés et répétés,
  • également des grimaces,
  • des verbalisations spontanées, souvent avec des mots orduriers, sans aucun sens pour l’entourage.

Et cela de nombreuses fois dans la journée. Si ces comportements perdurent plusieurs mois, alors le diagnostic du syndrome de Gilles de la Tourette est posé.

 

 

Les prises en charge thérapeutiques

Sur le plan de l’étiologie, les neurologues ont émis l’hypothèse de l’hyperactivité d’un zone neuronale, dans le cerveau, qui produit un neurotransmetteur, la dopamine. Les troubles de la SGT seraient associés à une mauvaise régulation de sa sécrétion chez l’enfant. De même que cette dopamine lorsqu’elle n’est plus produite est responsable chez l’adulte de la maladie de Parkinson. Les médecins, neurologues ou pédopsychiatres, qui interviennent auprès d’enfants malades, peuvent agir sur deux axes thérapeutiques pouvant être complémentaires. Bien sûr selon la gravité des cas et l’âge des enfants.

  • Approche médicamenteuse

Il n’existe à ce jour aucun médicament pour spécifiquement traiter ce syndrome. Toutefois,  les praticiens peuvent prescrire des molécules stimulantes (substitut de noradrénaline). Ou des neuroleptiques qui peuvent intervenir sur la concentration de la dopamine dans le sang. Dans le but d’agir sur les TOCs afin de diminuer leur fréquence et intensité.

  • Approche psychothérapeutique

En corrélation avec un traitement médicamenteux, ou sans y être associée, la prise en charge psychothérapeutique se fera par un pédopsychiatre ou un psychologue spécialisé.  Ce dernier visera, selon la terminologie, à « l’inversion d’habitude », ce qui consiste à aider le patient pour lui permettre d’effectuer des mouvements contraires ou inverses des TIC. Certains spécialistes vont privilégier une approche sophrologique. Ils useront pour cela des techniques de relaxation pour obtenir la cessation de l’apparition des TICs et des TOCs. Enfin d’autres praticiens en psychothérapie mettront en œuvre des thérapies familiales. Tout en cherchant à déterminer une cause psychologique à l’apparition du syndrome de Gilles de la Tourette chez l’enfant.

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Une évolution positive pour le syndrome de Gilles de la Tourette 

75% des enfants souffrant d’un SGT verront la cessation de ces troubles au passage à l’âge adulte. Mais il en demeure pas moins que les adultes continuent à en souffrir. Cette pathologie devient beaucoup plus perturbante dans leur vie sociale, professionnelle et affective, véritable handicap majeur. Leur suivi médical est constant. Et des associations de malades se sont créées afin de les aider et d’être des espaces d’écoute.

 

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