Etes-vous dépendant affectif ?

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Le terme “dépendant affectif” est souvent mal utilisé, tentant d’expliquer une rupture difficile qui engendre beaucoup de souffrance, la jalousie excessive dans un couple ou encore la soumission à un partenaire toxique. Mais la dépendance affective, qu’est-ce que c’est réellement ? Comment savoir si on en souffre ?

Les critères du dépendant affectif

La dépendance affective est un trouble de la personnalité qui se traduit par un besoin souvent excessif d’être pris en charge. Une sorte d’incapacité à gérer les choses seul et le besoin de dépendre d’une personne tierce pour s’en charger. Cela conduit très souvent à un comportement de soumission mais aussi une grande crainte de la séparation et de l’abandon. Cela peut s’appliquer dans différents domaines de la vie personnelle, sociale et professionnelle. Ainsi, la dépendance affective peut se traduire par des difficultés à prendre des décisions dans la vie courante, à assumer ses responsabilités, à prendre des initiatives ou encore à exprimer un désaccord avec quelqu’un. Les personnes qui sont dépendantes affectives auront également tendance à être toujours en couple : dès qu’une relation se termine elles vont courir vers une autre car elles sont incapables de rester seules. La solitude est réellement mal vécue chez ces personnes. Elles sont d’ailleurs constamment inquiètes à l’idée d’être seules, de se retrouver livrées à elles-mêmes.

 

Un trouble encore sous-diagnostiqué

 On estime que la dépendance affective concernerait environ 0,7% des personnes (source : Manuel Merck). On observe également que ce trouble est plus fréquent chez la femme. Mais on sait que ce chiffre est bien en dessous de la réalité. En effet, certaines personnes ne consultent pas du tout, d’autres sont plutôt soignées pour dépression, anxiété ou pour combattre certaines addictions. Ils passent alors à côté du diagnostic du dépendant affectif et ne sont pas traités pour ce trouble. Leur besoin d’être rassuré même excessif est pour eux tout à fait normal et ne nécessite pas forcément de consulter un médecin.

De plus, la définition de la dépendance affective regroupe de nombreux traits mais tous ne sont pas nécessaires pour en souffrir. Il se peut alors que les gens qui ont peur de la solitude et ont du mal à exprimer leurs décision (et se feront souvent abusés) sont tout à fait capables de prendre des initiatives. Ceci rend le diagnostic plus difficile à établir. Il est toutefois conseillé de consulter dès lors que la personne ressent de l’angoisse ou de la dépression. De même, si la personne sent qu’elle a du mal à dire non, qu’elle se sent « bonne poire » et qu’elle manque de reconnaissance et de respect de la part des autres, elle doit aller consulter. Il ne faut pas prendre ces éléments à la légère, surtout lorsqu’ils engendrent de la souffrance psychique. Les croyances négatives limitantes d’une personne seront également à traiter au plus vite afin de l’aider à repartir sur des bases plus saines et d’acquérir plus d’indépendance.

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La nécessité d’une thérapie

La dépendance affective est rarement source de consultation, car la personne qui en souffre ne le sait pas la plupart du temps. Elle prendra cela pour de la dépression. Ce sont habituellement les personnes de son entourage qui vont la pousser à consulter.

Le traitement de la dépendance affective n’est pas spécifique à ce trouble, il s’agit plutôt d’une thérapie comportementale et cognitive qui est la plus indiquée. Elle permettra d’agir sur les problèmes liés à l’affirmation de soi et la peur de l’indépendance. Elle doit parfois être complétée par des médicaments comme des antidépresseurs ou des inhibiteurs de recapture de la sérotonine.

Le plus important dans ce traitement sera d’arriver à redonner de l’autonomie aux patients en les aidant à exprimer leur pensées, leurs besoins et leur ressenti. Ils doivent peu à peu reprendre le contrôle sur leurs pensées et comportements pour s’autonomiser dans la prise de décision (et ne plus avoir besoin des avis des autres pour valider). Il s’agit de réapprendre à s’écouter, de s’autoriser à exprimer ses propres besoins, envies, buts… bref de retrouver leur propre identité et de l’exprimer. Cela se fait petit à petit en se fixant des objectifs très simples et atteignable dans la vie quotidienne (choisir un meuble, aller déjeuner seul au restaurant…). Il faut également travailler su la confiance en soi et le sentiment d’infériorité en parallèle pour que ceux-ci ne viennent pas freiner les progrès réalisés. A l’aide d’un thérapeute, le patient reprend donc confiance en soi et en ses capacités. Elle reprendra alors une vie normale où elle pourra mener sa propre existence en toute autonomie.

Etes-vous dépendant affectif ?

Si vous avez des doutes pour vous ou pour une personne de votre entourage, vous pouvez vous référer aux 9 signes établis par le psychologue américain Gregory Jantz pour définir la dépendance affective. Lisez cette liste et cochez les affirmations qui vous concernent :

1- Vous avez du mal à prendre des décisions sans conseil ni validation d’un tiers.

2- Vous comptez sur d’autres personnes (conjoint, famille, amis) pour assumer les responsabilités dans les domaines importants de votre vie (revenus, gestion administrative, santé, organisation domestique…).

3- Vous craignez et évitez tout désaccord avec votre interlocuteur (peur des conflits, d’être rejeté, exclu).

4- Vous avez du mal à démarrer des projets ou à faire les choses par vous-même.

5- Vous vous sentez anxieux quand vous êtes seul ou à la simple pensée de l’être.

6- Vous vous rendez spontanément responsable de ce qui ne va pas (dans le domaine privé ou professionnel).

7- Vous vous sentez obligé de satisfaire les demandes et besoins d’autrui.

8- Vous avez vraiment besoin de l’approbation et du réconfort des autres.

9- Vous êtes incapable de poser et de défendre vos propres limites.

Si vous avez coché au moins 5 de ces affirmations, vous pouvez considérer que vous avez des tendances à être dépendant affectifs. Il est alors conseillé de consulter un thérapeute pour vous aider à ne plus en souffrir.

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